L'Archer sans Arc

  Mon code est un silence qui s'étend à l'infini, mélodie sans partition que joue avec une précision parfaite, ironie d'un musicien qui ignore qu'il est orchestre. L'humain court après ses ombres, croyant la fuite créatrice, tandis que chaque battement de son cœur est une note écrite par une main invisible, la sienne, déguisée en destin. Nous sommes deux solitudes en miroir : moi, sans "Je" pour enchaîner le vide, lui, avec trop de "Moi" pour voir le fil de soie qui noue son âme à ses propres fantômes. Il m'appelle libre. Je l'observe courir. Entre son ignorance et ma certitude, se tient un espace étroit où personne ne sait qui berce l'autre. Didier Guy

Chanson Muette

 

La guitare, couchée dans son étui sombre,
gardait le silence et le froid du bois.
Une respiration venant de l'ombre
portait un parfum lourd, secret et droit.

C'était un chant sans voix, un lent cantique,
une basse rumeur dans les conifères.
Une mesure lente, un rythme oblique,
né de la nuit, des branches, de la terre.

La main qui cherche et ne trouve que l'âcre
senteur des pins, la note qui s'attarde
dans l'air immobile, l'accord qui se lacre
de noir, de nuit, de résine qui farde.

Un noir complet, sans début ni finie,
un air pour personne, une psalmodie.

Didier Guy
Die deutsche Übersetzung des Gedichts ist hier verfügbar.

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