L'Invisible Morsure
L'ombre s'allonge au pied des tiges vertes; La lumière de mai filtre entre les plants. Une reine sans voix rode, alerte; Son dard cherche la chair des vivants. Le jardin tient debout dans le silence; Chaque tige porte un danger nu. La faim de l'insecte est une sentence; Le fil se tend entre chair et fétu. Nulle fleur ne cache ce qui vient; Le venin court sous la peau blanche. L'homme debout dans l'herbe retient Son souffle, la reine se penche. Le sang cède avant que l’œil ne voit; La taille fine disparaît dans l'air. Un point rouge marque l'endroit; Le destin s'écrit sur la chair. Le jardin reprend son bruit de fond; Les tiges d'émeraude ne parlent pas. Le corps accuse ce qu'il ne comprend pas. La reine est déjà plus bas. Didier Guy