Veillée de Cendres
Sous la rougeur du bois qui lutte et qui se fend, des présences, à l'abri des branches inclinées, gardent un silence épais comme un serment. Le langage humain, vain, voit ses armes désarmées devant le calme azur d'une simple prunelle où se pose, lointain, le poids de l'éternel. Une loi primordiale, une chaude certitude, naît de l'haleine unie et des flancs rapprochés dans l'asile odorant que font les peaux velues. là, le temps se suspend, lourd et presque léché par la braise qui ronge un souvenir tenace de fraternité pure, effacée par la race Des hommes affairés, des cœurs appauvris qui n'entendent plus battre ce pouls lent et obscure. La caresse des nuits, des peaux contre peaux, dit plus que les grands cris lancés à l'avenir. Et je reste, témoin de cette paix fragile, à guetter dans la nuit qui lentement se glisse L'adieu de cette entente au seuil du jour naissant. Je suis l'homme qui veille un foyer qui décline, gardien d'un pacte ancien,...