Ce Qui Reste Quand Le Ciel Pèse
Le ciel saigne par fissures longitudinales, pas de larmes, du verre qui craque sous la pression. La vallée boit l'ombre à grandes goulées, Les corps s'y couchent, pas morts, juste démissionnaires. Moi, je garde les deux pieds dans la boue qui tire, mais le cou tendu, la mâchoire serrée. Pas de supplication. Un tendon qui résiste à la pourriture. Une aile, pas d'ange, trop usée, trop réelle, qui bat encore par habitude de la rage. Les autres ont rangé le soleil au grenier, entre les valises et les photos jaunies. Moi, je cherche l'éclat brut, celui qui brûle la rétine, celui qu'on n'approche pas sans perdre quelque chose. La ligne de fuite n'est pas un contrat. Je n'attends pas. Je palpe. J'érode la pierre à mains nues. Et si la chute vient, qu'elle soit verticale, sans compromis, sans douceur, sans mentir. Didier Guy