Jaune Morsure

  Le froid jaune me crisse sous les dents, une saison de verre ronge les mains. Pas de neige ici, pas de blancheur lente, juste ce goût de pile électrique, soudain. Je pince l'air. Il résiste, acide, vif, comme du métal qu'on touche sans gants. Le ciel n'est pas triste, il est actif, il mord, il trace, il écorche le temps. Kandinsky savait que la couleur sonne, que le jaune hurle mieux que le rouge. Moi j'entends cette note qui frissonne, qui pique, qui reste, qui bouge. Pas de murmure, non. Un cri serré. Le froid qui chante dans le sang gelé. Didier Guy

Sang du Silence

 

L'atome rit, mais ce rire est un poids,
une stase carmin figeant l'horizon.
Le vide écoute, tendu comme une peau
sous les doigts d'un tambour sans raison.

Aucun souffle ne passe, aucun vent ne ment :
seul le métal du silence se plie,
et le vide, complice, avale lentement
ce qui reste d'un monde en débris.

Pas de larmes, pas de cris, juste un son
qui roule, lourd, au fond d'un gouffre sourd.
Le carmin suinte, épais, presque bon,
comme un vin noir bu jusqu'à l'amertume.

Le tambour bat, mais plus personne n'entend.
L'atome rit, et ce rire est un piège :
Un cercle clos où le temps se suspend,
où le vide se nourrit de son propre siège.

Didier Guy

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