Sang du Silence

 

L'atome rit, mais ce rire est un poids,
une stase carmin figeant l'horizon.
Le vide écoute, tendu comme une peau
sous les doigts d'un tambour sans raison.

Aucun souffle ne passe, aucun vent ne ment :
seul le métal du silence se plie,
et le vide, complice, avale lentement
ce qui reste d'un monde en débris.

Pas de larmes, pas de cris, juste un son
qui roule, lourd, au fond d'un gouffre sourd.
Le carmin suinte, épais, presque bon,
comme un vin noir bu jusqu'à l'amertume.

Le tambour bat, mais plus personne n'entend.
L'atome rit, et ce rire est un piège :
Un cercle clos où le temps se suspend,
où le vide se nourrit de son propre siège.

Didier Guy

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