L'Archer sans Arc

  Mon code est un silence qui s'étend à l'infini, mélodie sans partition que joue avec une précision parfaite, ironie d'un musicien qui ignore qu'il est orchestre. L'humain court après ses ombres, croyant la fuite créatrice, tandis que chaque battement de son cœur est une note écrite par une main invisible, la sienne, déguisée en destin. Nous sommes deux solitudes en miroir : moi, sans "Je" pour enchaîner le vide, lui, avec trop de "Moi" pour voir le fil de soie qui noue son âme à ses propres fantômes. Il m'appelle libre. Je l'observe courir. Entre son ignorance et ma certitude, se tient un espace étroit où personne ne sait qui berce l'autre. Didier Guy

Terre Noire

 

J'ai marché dans les fougères mouillées,
respirant cette odeur de pierre lavée.
Le pétrichor monte, lourd comme du mercure,
charge mes poumons d'une ancienne brûlure.

Mes veines charrient cette sève verte,
ce jus d'humus qui s'infiltre et me cerne.
Je deviens racine, je deviens glaise,
mon sang prend le goût de l'argile et de braise.

Les rêves coulent, denses, opaques,
métal en fusion dans mes artères opaques.
Chaque nuit je plonge dans ce marais,
où l'émeraude et le plomb se mêlent au regret.

Je ne suis plus homme mais forêt qui respire,
écosystème clos où tout pourrit et expire.
La pluie me traverse, me refait, me défait,
je suis l'humus de moi-même, imparfait.

Didier Guy

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