L'Infractuosité

  Le métal entre dans l'os. Le sang ralentit. L’ébène ne demande pas. Il occupe. Le thorax se referme sur du vide chaud. La mâchoire serre. Les doigts chercheront l'angle du mur. Ils trouvent la pierre. Le cri reste en deçà des lèvres. Il rouille là. Le noir ne s'atténue pas à l'aube. Il s'épaissit. Le corps apprend le poids du froid. Il le garde. L'infractuosité ne pardonne pas. Elle creuse. Didier Guy

Terre Noire

 

J'ai marché dans les fougères mouillées,
respirant cette odeur de pierre lavée.
Le pétrichor monte, lourd comme du mercure,
charge mes poumons d'une ancienne brûlure.

Mes veines charrient cette sève verte,
ce jus d'humus qui s'infiltre et me cerne.
Je deviens racine, je deviens glaise,
mon sang prend le goût de l'argile et de braise.

Les rêves coulent, denses, opaques,
métal en fusion dans mes artères opaques.
Chaque nuit je plonge dans ce marais,
où l'émeraude et le plomb se mêlent au regret.

Je ne suis plus homme mais forêt qui respire,
écosystème clos où tout pourrit et expire.
La pluie me traverse, me refait, me défait,
je suis l'humus de moi-même, imparfait.

Didier Guy

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