Quand l’œil oublie le jour

  Une nyctalopie mauve fixe le vide, texture de velours râpeux contre l'os. Pas de larmes, pas de cri, juste l'heure où le corps oublie d'être repère. Le néant n'a pas de nom de femme, ni d'adresse où poster le silence. Seule cette lumière qui ne vient pas habite la rétine comme un grief. David Lynch n'aurait pas filé plus net : Le gros plan sur ce qui reste quand plus rien ne bouge, plus rien ne ment, juste la peau du regard qui s'use. Pas de rédemption dans le cadre, juste le temps qui passe en mauve, et l’œil qui tient, qui tient, qui tient, contre l'absence de toute preuve. Didier Guy

L'Héritage des Mains Qui Ne Savent Pas

 

On naît avec les gestes d'un autre dans les poings,
un poids transmis sans mode d'emploi ni avertissement.
Le rouge des jouets traîne sur le carrelage froid,
et les lessives blanches sèchent dans l'indifférence du vent.

Dans les narines, les perles perdues laissent leur trace,
ce résidu d'enfance qui colle comme une vieille colle.
Les mains tâtonnent, cherchent, ratent leur place,
chaque geste manqué devient la leçon qu'on rôle.

Ce n'est pas la grâce qui nous construit, c'est la chute,
le genou à terre sur le béton des matins incertains.
On apprend à tenir debout non par vertu,
mais parce que rester au sol coûte trop de lendemains.

La maladresse est un outil, brut et sans ornement,
elle taille l'homme à vif, sans égard pour la forme.
Chaque acte raté est un acte de résistance,
une tempête courte qui remodèle et qui norme.

Didier Guy  

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