Anachronie Safran

  La rouille lèche les fils ; le safran coule en veines froides. Les circuits crachent leur jus ; le cuivre colle aux doigts. Un ciel bas pèse sur les toits ; la lumière se fige en plaques. Les ombres mangent les angles ; le métal se tord sans bruit. Les murs suintent l'avenir ; les machines digèrent l'oubli. Didier Guy

Ce Qui Reste Quand Le Ciel Pèse

 

Le ciel saigne par fissures longitudinales,
pas de larmes, du verre qui craque sous la pression.
La vallée boit l'ombre à grandes goulées,
Les corps s'y couchent, pas morts, juste démissionnaires.

Moi, je garde les deux pieds dans la boue qui tire,
mais le cou tendu, la mâchoire serrée.
Pas de supplication. Un tendon qui résiste à la pourriture.
Une aile, pas d'ange, trop usée, trop réelle,
qui bat encore par habitude de la rage.

Les autres ont rangé le soleil au grenier,
entre les valises et les photos jaunies.
Moi, je cherche l'éclat brut, celui qui brûle la rétine,
celui qu'on n'approche pas sans perdre quelque chose.

La ligne de fuite n'est pas un contrat.
Je n'attends pas. Je palpe. J'érode la pierre à mains nues.
Et si la chute vient, qu'elle soit verticale,
sans compromis, sans douceur, sans mentir.

Didier Guy

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