L'Essentiel Dévoilé

  Au creux des ornements, je suffoquais, prisonnier d'un décor qui mentait. Chaque bijou pesait comme un fardeau, chaque éclat noyait l'homme sous son manteau. J'ai brisé l'or, fracassé les miroirs, arraché les voiles du faux savoir. Le silence est venu, lame froide et juste, tailler dans la chair ce qui n'était que fuste. Ce qui reste ne crie pas l'absence, mais vibre d'une sourde évidence. Dépouillé, nu comme un arbre en hiver, je découvre enfin ma lumière. Les parures jonchent le sol, inertes, témoins muets d'une perte qui libère. Dans le vide creusé à mains nues, je respire, debout, pour la première fois reconnu. Didier Guy

L'Autre Rive

 

Derrière l'écran, un monde se déploie,
où chaque geste est lumière, chaque pas un choix.
Les murs s'effacent, la nuit se déploie,
et l'on marche, sans corps, sous un ciel si froid.

Les doigts frôlent l'invisible, tracent des destins,
des villes naissent, des forêts, des jardins.
Le temps s’étire, se plie, se fait complice,
de nos silences, de nos cri, de nos délires complices.

Plus de limites, plus de peaux, plus de lois,
seulement l'éclair d'un rêve qui s'effiloque. 
On y guérit ses peurs, on y tisse des voix,
on y oublie le poids d'une vie qui s'étouffe.

Mais quand le casque tombe, que reste-t-il ?
Un souffle court, un cœur qui bat trop vite,
l'ombre d'un rire, l'écho d'un exil,
et ce goût de cendre après l'infini.

Là-bas, les autres sont ombres ou reflets,
des visages lissés par des algorithmes parfaits.
On s'y aime sans chair, on s'y parle sans regrets,
jusqu'à confondre l'aube avec la nuit des projets.

Demain, peut-être, plus de frontières,
plus de corps, plus de terre, plus de prières.
Seulement l'éclat d'un monde en miettes,
où l'homme, enfin, ne sera plus qu'un poète.

Didier Guy 

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