Quand la vague avale le ciel

  L'onde se cabre, crête de feu liquide, ce rouge minéral boit l'horizon salé. La mer n'est plus bleue, elle brûle, avide, comme si la foudre avait choisi d'y plonger. Le froid mord la lame. Le tonnerre crache sur cette frontière où tout se confond : L'écume devient braise, la pierre se détache, et je reste là, fasciné par ce monde profond. Quel peintre a jeté ce rouge sur l'azur ? Quelle main folle a mêlé glace et incendie ? La côte recule. L'eau avance, impure, avalant les terres avec une rage infinie. Je pense à ces estampes où la vague se tort, où l'homme n'est plus qu'un point face à la furie. Aujourd'hui, c'est moi. Et je comprends alors que la beauté peut tuer sans faire de bruit. Didier Guy Die deutsche Übersetzung des Gedichts ist hier verfügbar.

Quand le froid devient cri

 

Le matin se fige en cristaux tranchants,
une rage glacée mord la fenêtre.
Bleu violent, le froid devient vivant,
il hurle sans voix, silence traître.

J'observe ce combat figé dans le verre,
nature et demeure face à face.
Le givre dessine ses lois austères,
chaque motif, une menace qui passe.

L'hiver n'offre aucun pardon ce jour,
il impose sa loi de gel brutal.
Je reste là, spectateur sans détour,
devant cette beauté féroce et fatale.

Le chant s'est tu sous cette emprise,
avalé par la morsure des heures.
Seul demeure le bleu qui merise,
cette colère froide qui demeure.

Didier Guy

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