L'Essentiel Dévoilé

  Au creux des ornements, je suffoquais, prisonnier d'un décor qui mentait. Chaque bijou pesait comme un fardeau, chaque éclat noyait l'homme sous son manteau. J'ai brisé l'or, fracassé les miroirs, arraché les voiles du faux savoir. Le silence est venu, lame froide et juste, tailler dans la chair ce qui n'était que fuste. Ce qui reste ne crie pas l'absence, mais vibre d'une sourde évidence. Dépouillé, nu comme un arbre en hiver, je découvre enfin ma lumière. Les parures jonchent le sol, inertes, témoins muets d'une perte qui libère. Dans le vide creusé à mains nues, je respire, debout, pour la première fois reconnu. Didier Guy

La terre et ses cicatrices

 

Le chêne fendu boit la foudre, 
ses racines fendent le granit,
chaque bourgeon refuse de se dissoudre
sous la tempête qui rugit.
Le vent taille la falaise sans outil,
l'écorce porte ses balafres avec fierté.

Le ruisseau compte ses galets,
l'herbe retient la pente d'un fil,
chaque brin connaît sa place au sol,
la sève monte, lente et précise,
dans le silence des saisons qui glissent,
l'équilibre tient à un battement d'aile.

Mais le ciel crache son acide,
les champs avalent leur dose de chimie,
le fleuve charrie des sacs vides,
la mousse recule, l'asphalte envahit,
les arbres comptent leurs cernes comme des deuils,
le plastique flotte où nageaient les truites.

Pourtant des mains plantent l'avenir,
dans la paume des enfants,
l'enclume rouillée fleurit sous la pluie,
le soc rouvert laboure à nouveau,
chaque graine porte un serment lent,
la terre se souvient de ceux qui la soignent.

Didier Guy

Die deutsche Übersetzung des Gedichts ist hier verfügbar.

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