La Cicatrice du Trottoir

  Le bitume craque sous la révolte, une plaie vive, rouge et profonde. Pas de sang, non, juste cette fleur qui pousse en rage, et sent la poudre. Les murs, témoins muets, se taisent, mais leurs fissures parlent pour eux. Quelqu'un a crié, quelqu'un a tracé un signe en plein cœur des lieux. La ville avance, indifférente, ses pas écrasent les pétales. Pourtant, ce pourpre résiste encore, comme un poing levé sous les halos. Didier Guy

L'ombre de la valise

Dans un écran brillant, aux lueurs hypnotiques,
une voix douce s'élève, allure chaotique.
« J’aime ma valise », résonne un souvenir,
et des milliers de vies s'en vont se suspendre au pire.

Dans la quête insensée de gloires numériques,
se plient des corps naïfs, dans des actes tragiques.
La valise refermée, le corps perd sa prison,
mais la douleur s'impose, effaçant l'illusion.

Une bosse éclatante, un sac de glace en main,
un miroir renvoyant un reflet incertain.
Le regret naît alors, dans un cri de douleur,
sous les rires moqueurs, où s’éteint la lueur.

Les réseaux sont un piège, un gouffre à nos envies,
ils captent nos erreurs, les gravent dans la vie.
Et malgré les alertes, les dangers signalés,
les écrans nous séduisent, leurs appâts étoilés.

La valise est un jeu, un symbole d'évasion,
mais sa toile fragile engendre la prison.
Dans ce cirque moderne où tout est spectacle,
chaque geste devient piège, chaque clic un obstacle.

Ainsi l’homme moderne, dans sa quête futile,
se perd dans des reflets, des ombres inutiles.
La valise se ferme, mais qui osera voir,
que ce sont nos esprits que l’on met dans le noir ?

Didier Guy

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