La Cicatrice du Trottoir

  Le bitume craque sous la révolte, une plaie vive, rouge et profonde. Pas de sang, non, juste cette fleur qui pousse en rage, et sent la poudre. Les murs, témoins muets, se taisent, mais leurs fissures parlent pour eux. Quelqu'un a crié, quelqu'un a tracé un signe en plein cœur des lieux. La ville avance, indifférente, ses pas écrasent les pétales. Pourtant, ce pourpre résiste encore, comme un poing levé sous les halos. Didier Guy

Les pierres ont des souvenirs rouges

Dans les veines du mur palpite une saison,

une plainte figée, gravée sans pardon.

Chaque brique enferme un serment brisé,

rouge séché, durci, dans l'ombre posée.


Ils n'avaient que leurs poings pour vérité,

des cris rugueux à la place d'un traité.

Des corps sans nom, fauchés sans égard,

offerts au béton comme de vains étendards.


Les balles s'enfonçaient sans remords,

et la poussière, complice, scellait le sort.

Le silence s'est bâti sur leurs torses,

mais le ciment saigne encore sous la force.


Didier Guy


 

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