La Cicatrice du Trottoir

  Le bitume craque sous la révolte, une plaie vive, rouge et profonde. Pas de sang, non, juste cette fleur qui pousse en rage, et sent la poudre. Les murs, témoins muets, se taisent, mais leurs fissures parlent pour eux. Quelqu'un a crié, quelqu'un a tracé un signe en plein cœur des lieux. La ville avance, indifférente, ses pas écrasent les pétales. Pourtant, ce pourpre résiste encore, comme un poing levé sous les halos. Didier Guy

Bitume sous les paupières

Sous les lampadaires, le béton respire,
rythmant mes pas entre deux silence.
Chaque reflet m'impose un souvenir,
un mot perdu, noyé dans l'absence.

Les façades veillent, vitrines closes,
le trottoir suinte une mémoire froide.
Même l'asphalte semble morose,
comme un cœur que le vent dégrade.

Un taxi glisse, anonyme et tardif,
sculptant l'obscur d'un phare pâle.
Je regarde sans chercher de motif,
la nuit me juge, droite, frontale.

Sous le néon, mes pensées s'agrippent,
à des ombres qui ne m'appartiennent plus.

Didier Guy

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