La terre et ses cicatrices

  Le chêne fendu boit la foudre, ses racines fendent le granit, chaque bourgeon refuse de se dissoudre sous la tempête qui rugit. Le vent taille la falaise sans outil, l'écorce porte ses balafres avec fierté. Le ruisseau compte ses galets, l'herbe retient la pente d'un fil, chaque brin connaît sa place au sol, la sève monte, lente et précise, dans le silence des saisons qui glissent, l'équilibre tient à un battement d'aile. Mais le ciel crache son acide, les champs avalent leur dose de chimie, le fleuve charrie des sacs vides, la mousse recule, l'asphalte envahit, les arbres comptent leurs cernes comme des deuils, le plastique flotte où nageaient les truites. Pourtant des mains plantent l'avenir, dans la paume des enfants, l'enclume rouillée fleurit sous la pluie, le soc rouvert laboure à nouveau, chaque graine porte un serment lent, la terre se souvient de ceux qui la soignent. Didier Guy Die deutsche Übersetzung des Gedichts ist hier verfügbar.

Quand le Ciel Cède aux Lèvres

 L'horloge s'est tue dans la maison vide,

le cadran gelé sur une heure ancienne.

Je cherche ton souffle dans l'air livide,

mais seul le silence me revient.


Ta bouche bleue, souvenir fragile,

se pose encore sur le marbre froid.

J'ai cru saisir l'instant immobile,

mais tout glisse entre mes doigts.


Le temps n'existe plus dans cette pièce,

juste un baiser qui refuse de finir.

Je reste là, figé dans la promesse

d'un amour que je ne peux retenir.


La pierre garde la trace de tes lèvres,

comme un sceau sur l'éternité.

Je suis ce veilleur sans fièvre,

gardien d'un passé arrêté.


Didier Guy

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Sous la peau du silence

L' Encre Vive

L'oubli en 4G