La terre et ses cicatrices
Le chêne fendu boit la foudre, ses racines fendent le granit, chaque bourgeon refuse de se dissoudre sous la tempête qui rugit. Le vent taille la falaise sans outil, l'écorce porte ses balafres avec fierté. Le ruisseau compte ses galets, l'herbe retient la pente d'un fil, chaque brin connaît sa place au sol, la sève monte, lente et précise, dans le silence des saisons qui glissent, l'équilibre tient à un battement d'aile. Mais le ciel crache son acide, les champs avalent leur dose de chimie, le fleuve charrie des sacs vides, la mousse recule, l'asphalte envahit, les arbres comptent leurs cernes comme des deuils, le plastique flotte où nageaient les truites. Pourtant des mains plantent l'avenir, dans la paume des enfants, l'enclume rouillée fleurit sous la pluie, le soc rouvert laboure à nouveau, chaque graine porte un serment lent, la terre se souvient de ceux qui la soignent. Didier Guy Die deutsche Übersetzung des Gedichts ist hier verfügbar.
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