Ferraille Céleste

  Les étoiles jadis seules dans leur nuit comptent maintenant les débris qui passent. Satellites morts, carcasses qui enlacent le vide où la lumière a toujours fui. Chaque fragment tourne, lame sans bruit, tranche l'orbite où la Terre s'enlace. Le ciel jadis vierge perd son espace, la voie lactée sous la ferraille plie. Dans cette ronde froide et mécanique, les constellations cherchent leur place. Un boulon croise Vénus, la menace, et Mars se tache d'un reflet métallique. Nos rêves lancés vers l'infini reviennent en pluie de métal tordu. Chaque fusée partie vers l'absolu laisse sa peau d'acier dans le ciel terni. Les panneaux solaires dérivent, perdus, miroirs brisés de notre appétit. L'orbite basse porte nos défis comme une ceinture qu'on n'a pas rendue. Pourtant certains lèvent encore les yeux, tracent des plans pour nettoyer le noir. Des filets tendus pour harponner l'espoir, des bras robotiques dans le vide bleu. La jeunesse calcule, forge...

Les Yeux de la Tour

 

Les lumières, clouées au flanc de la pierre,
observent sans cligner, sans un frémissement.
Là-bas, les toits boivent la dernière lumière,
et le jour s'accroche en un dernier serment.

Ici, le luxe s'efface, la suie le remplace,
un vent lourd de fatigue traîne dans les couloirs.
Le silence n'est pas paix, c'est l'hiver qui s'avance,
un froid qui ronge l'ombre et glace les espoirs.

Une vapeur s'échappe, souffle d'un monde las,
où le béton étouffe et où la peine veille.
On dirait qu'un géant, sous ses pas, nous écrase,
et que la nuit n'est plus qu'une lente oreille.

Didier Guy

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