Le Reflet Mange sa Proie

  Le miroir me regarde, œil mort sur le mur. Aucun visage ne s'y pose, juste l'absence. Il avale la lumière, recrache du noir, et moi, debout, je cherche ce qui manque. Ma main touche le verre : il est froid. Comme si derrière, quelqu'un avait fui. Les angles de la pièce se tordent dedans, géométrie brisée, monde à l'envers. Il paraît que les sorciers y voient l'avenir, moi, je n'y vois que la cendre d'hier. Cette acidité qui brûle la bouche, quand on comprend qu'on ne reviendra pas. Le verre dit vrai, paraît-il, mais l'absence aussi parle clair. Je coupe la lumière. Tout s'efface, le reflet enfin me ressemble. Didier Guy Die deutsche Übersetzung des Gedichts ist hier verfügbar.

L'Orange du Hasard

 

Le ciel s'est trompé de couleur ce matin,
un fruit acide a roulé dans l'infini.
Dieu, distrait, a cliqué sur mon destin,
et l'univers s'est mis à rire, sans fin.

L'erreur est douce, elle a goût de zeste,
un éclat vif dans le noir des questions.
Le chaos porte un gilet de fête,
et moi, je danse avec mes illusions.

Personne ne sait d'où vient cette lueur,
ce clin d’œil orange, ce rire en l'air.
Peut-être un signe, ou juste une erreur,
un bug joyeux dans le grand programme amer.

Didier Guy 

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