Tasse de chagrin

  Le café refroidit dans la tasse écornée, ses volutes montent et s'effondrent lentement. J'y noie les heures, les doigts refermés sur cette porcelaine qui gardent mes tourments. Le fond garde un dépôt couleur de terre brûlée, comme si mes pensées s'étaient cristallisées. Je bois l'amertume, la gorge serrée, ce breuvage noir où mes regrets ont macéré. La cuillère tinte contre les parois, un son creux qui résonne dans le silence. Combien de matins ai-je passés là, à fixer ce liquide, cette sombre présence ? Le rebord garde la trace de mes lèvres, une marque invisible que je répète. Cette tasse connaît mes joies et mes fièvres, elle est le témoin de mes défaites. Didier Guy

Au fond de la tasse blanche

 

Une caresse ambrée, un reste de chagrin,
se lève, s'évapore en forme de visage.
Elle s'attarde au bord du vieux cuir qui s'incline,
dans la lumière oblique d'un jour sans ouvrage.

Voici le goût persistant d'une mélancolie
qui bâtit sa demeure avec l'obscurité,
un chantier intérieur de pierre et de folie
où chaque souvenir prend la gravité.

Didier Guy

Die deutsche Übersetzung des Gedichts ist hier verfügbar.

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