Ce Qui Reste Quand Le Ciel Pèse

  Le ciel saigne par fissures longitudinales, pas de larmes, du verre qui craque sous la pression. La vallée boit l'ombre à grandes goulées, Les corps s'y couchent, pas morts, juste démissionnaires. Moi, je garde les deux pieds dans la boue qui tire, mais le cou tendu, la mâchoire serrée. Pas de supplication. Un tendon qui résiste à la pourriture. Une aile, pas d'ange, trop usée, trop réelle, qui bat encore par habitude de la rage. Les autres ont rangé le soleil au grenier, entre les valises et les photos jaunies. Moi, je cherche l'éclat brut, celui qui brûle la rétine, celui qu'on n'approche pas sans perdre quelque chose. La ligne de fuite n'est pas un contrat. Je n'attends pas. Je palpe. J'érode la pierre à mains nues. Et si la chute vient, qu'elle soit verticale, sans compromis, sans douceur, sans mentir. Didier Guy

Tasse de chagrin

 

Le café refroidit dans la tasse écornée,
ses volutes montent et s'effondrent lentement.
J'y noie les heures, les doigts refermés
sur cette porcelaine qui gardent mes tourments.

Le fond garde un dépôt couleur de terre brûlée,
comme si mes pensées s'étaient cristallisées.
Je bois l'amertume, la gorge serrée,
ce breuvage noir où mes regrets ont macéré.

La cuillère tinte contre les parois,
un son creux qui résonne dans le silence.
Combien de matins ai-je passés là,
à fixer ce liquide, cette sombre présence ?

Le rebord garde la trace de mes lèvres,
une marque invisible que je répète.
Cette tasse connaît mes joies et mes fièvres,
elle est le témoin de mes défaites.

Didier Guy

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