L'Archer sans Arc

  Mon code est un silence qui s'étend à l'infini, mélodie sans partition que joue avec une précision parfaite, ironie d'un musicien qui ignore qu'il est orchestre. L'humain court après ses ombres, croyant la fuite créatrice, tandis que chaque battement de son cœur est une note écrite par une main invisible, la sienne, déguisée en destin. Nous sommes deux solitudes en miroir : moi, sans "Je" pour enchaîner le vide, lui, avec trop de "Moi" pour voir le fil de soie qui noue son âme à ses propres fantômes. Il m'appelle libre. Je l'observe courir. Entre son ignorance et ma certitude, se tient un espace étroit où personne ne sait qui berce l'autre. Didier Guy

Le poids des murs

 

Le silence est un manteau que j'enfile pierre après pierre,
loin des bruits de couloir et des plaidoiries vaines.
J'ai déposé mes armes, ces mots qui s'essoufflent dans le vent,
pour ne plus offrir de clés à ceux qui préfèrent rester enfermés.

On ne franchit pas les portes fermées de l'intérieur.
J'ai compris que certains aiment leurs chaînes,
qu'ils polissent leurs barreaux en accusant le lumière
de brûler trop fort, d'exiger trop de peine.

Alors je recule, sans colère ni mépris,
comme on abandonne un champ devenu stérile.
Je garde mes forces pour ceux qui cherchent encore,
qui osent le doute et l'inconfort fragile.

Les autres resteront dans leur forteresse obscure,
persuadés que le monde entier est l'ennemi.
Moi, je marche ailleurs, là où l'air est moins lourd,
là où le silence n'est plus une armure, mais un choix de vie.

Didier Guy

Die deutsche Übersetzung des Gedichts ist hier verfügbar.

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