Le silence est un manteau que j'enfile pierre après pierre,
loin des bruits de couloir et des plaidoiries vaines.
J'ai déposé mes armes, ces mots qui s'essoufflent dans le vent,
pour ne plus offrir de clés à ceux qui préfèrent rester enfermés.
On ne franchit pas les portes fermées de l'intérieur.
J'ai compris que certains aiment leurs chaînes,
qu'ils polissent leurs barreaux en accusant le lumière
de brûler trop fort, d'exiger trop de peine.
Alors je recule, sans colère ni mépris,
comme on abandonne un champ devenu stérile.
Je garde mes forces pour ceux qui cherchent encore,
qui osent le doute et l'inconfort fragile.
Les autres resteront dans leur forteresse obscure,
persuadés que le monde entier est l'ennemi.
Moi, je marche ailleurs, là où l'air est moins lourd,
là où le silence n'est plus une armure, mais un choix de vie.
Didier Guy
Die deutsche Übersetzung des Gedichts ist hier verfügbar.
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