L'Arpenteur des Rêves Communs

 

Les tables sont dressées, longues comme l'aube,
chacun y dépose son pain, son sel, sa lame.
L'état, ce vieux meunier, moud la farine rouge,
promettant que demain n'aura plus de nom.

Ses doigts comptent les grains, serrent les balances,
pèsent les voix, les rêves, les silences.
Le blé devient loi, la loi devient chaîne,
et l'aube se noie dans son propre sang.

On avait cru planter l'arbre de la justice,
ses racines ont strangulé les champs.
Le vent qui soufflait des promesses claires
ne soulèves plus que des cendres lentes.

Où sont les parts égales ? Où sont les mains nues ?
L'État, ce vieux meunier, a tout gardé pour lui.
Il broie les matins, il broie les nuits,
et le pain qu'il promet n'est que poussière.

Didier Guy

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Soulèvement lilas